A peine le déjeuner digéré, voilà que nous recevons une remarque de la part d’une utilisatrice (sur 20 000), concernant notre newsletter hebdomadaire, dont les propos nous ont passablement fait sourire ou agacer selon, même si elle peut paraitre cohérente et légitime…la remarque de son point de vue :
(…) Je pense qu’il ne devrait pas être compliqué pour un informaticien de créer un champ “lieu” ou je ne sais quoi (…)
au sujet d’évènements internationaux saisis et pushés vers la newsletter. Mots que j’aime bien : ne devrait pas être compliqué et informaticien (ie : homme à tout faire : changer une imprimante, faire un site Oueb, …)
Seulement voilà, dans la newsletter il n’y a pas que des évènements internationaux (qui représentent 10 % des ressources disponibles), mais il y a aussi des documents, des liens, des ressources spécifiques (ie : avec leurs champs propres, ça peut être un commentaire, un champ texte lambda, …), car les ressources sont produites grâce à un moteur qui se base sur un modèle (XML, méta-données) de ressource à saisir et à lire. Autrement dit, les champs ne sont pas typés sémantiquement, il n’y a pas un champ nom
, libellé
, etc…ce qui rend souple et rapide la production de formulaire de saisie pour des bases spécifiques. Mon collègue a tenté de lui faire comprendre la généralisation d’une application (qui doit profiter au plus grand nombre), pas simple.
Comme tout moteur, librairie ou framework, cela rentre dans un cadre, qui tente de généraliser des comportements, les cas spécifiques sont en général non traités (un gros if en plein milieu d’un code pour traiter un cas reste à proscrire), à moins de généraliser ces derniers.
L’informatique s’est généralisée dans les foyers et au travail, sa démocratisation amène aussi ce genre de remarque qui tue (qu’il ne devrait pas être compliqué pour un informaticien
) et qui, pour moi dénigre le métier et le relaye au statut d’ouvrier du code : fantasme et surtout espoir de nos têtes pensantes d’appuyer sur un gros bouton rouge pour générer du code à partir de spécifications, après tout, ce qui est important, c’est le concept, l’idée, pas la mise en oeuvre diront certains
Il reste encore du chemin à parcourir pour expliquer la complexité pour réaliser un logiciel. On pourrait déjà interdire Access, qui laisse croire à tout un chacun qu’il peut développer sa (super) application, voire Frontpage, qui permet à son beau-frère ou son cousin de faire son site Oueb dans le métro…l’informatique, tout compte fait, c’est pas si compliqué, comme quoi.
Sur ce, allons passer le clavier à la dame qu’elle nous montre comment on fait, elle entre dans le top 10 de nos quotes.